Collation·Thé

Mélanger ses thés

ADLT_Melanges

Il y a quelques années, j’ai acheté un sachet de thé vrac « Pistache pâte d’amandes » auprès de Fée du thé, une maison de thé toulousaine dont j’apprécie le travail. Sauf que le thé était très dosé en arômes, au point qu’en boire plus de trois gorgées était écœurant. Je pense sincèrement que c’était une erreur de dosage et pas une erreur de conception du thé mais toujours est-il que je me suis retrouvée avec un thé imbuvable tel quel et que je n’avais pas envie de jeter, ce qui m’a conduit à considérer l’option de mélanger ce thé avec un autre. Et comme ça a plutôt bien marché, j’ai réitéré l’expérience.

Il y a, me semble-t-il, trois buts principaux dans le mélange de thés et une seule règle à respecter : mélanger des thés ou infusions semblables. Mélanger un thé noir qui va avoir une température d’infusion de 90°C à un thé vert qui va préférer des températures de 70 à 80°C n’est pas optimal. De même, associer de l’hibiscus qui devient très acide s’il est laissé trop longtemps dans l’eau à des mélanges à infuser 10 minutes n’est pas très stratégique. Cette règle permet d’éviter de tomber brutalement à côté du résultat souhaité. Cela étant vous pouvez expérimenter en mélangeant directement dans une boule à thé (afin d’éviter le gâchis). Dans ce cas, je recommande de suivre les consignes d’infusion les plus restrictives (plus faible température, plus petit temps) et d’ajuster ensuite en partant de cette base.

Le premier des buts du mélange de thés est celui dont je parlais en introduction à cet article : la dilution. Pour diminuer la puissance d’arômes tout en ayant un goût de thé marqué, il est ainsi possible de mélanger un thé aromatisé à un thé « basique » sans trop de personnalité. Ainsi, le thé « Pistache pâte d’amandes » trop aromatisé fonctionne bien avec un thé noir de fond de placard ayant quelques années.

Proche de la dilution est la recherche d’équilibre des saveurs du thé. Si par exemple vous aimez particulièrement les thés English Breakfast contenant du thé de Ceylan et du thé d’Assam, vous pouvez très bien faire votre mélange vous-même. Ou si vous trouvez qu’un thé aromatisé manque de tanins et de puissance, vous pouvez le mélanger avec un thé plus corsé. Pour avoir un thé matinal à proposer aux personnes qui viennent chez moi, j’ai mélangé un thé noir aromatisé « pastel de nata » assez doux où le goût du thé est peu présent avec un thé de Ceylan (English Breakfast, Destination Premium) trop corsé seul pour obtenir un mélange équilibré, qui réveille en restant facile à apprécier.

Dernier usage du mélange, la combinaison d’arômes. Combiner les arômes peut être un peu risqué sur des thés complexes comme le St-Pétersbourg de Kusmi Tea (bergamote, fruits rouges et caramel). Cependant, sur des structures plus simples, cela peut donner des résultats intéressants. J’avais chez moi un rooibos aromatisé « Chocolat irlandais » de Fée du thé que je buvais peu car le goût en était sympathique mais pas remarquable. En l’associant au rooibos « Orange fraîche », également de Fée du thé, j’ai obtenu une infusion chocolat-orange de qualité avec plus d’intérêt gustatif à mon sens.

 

Mélanger ses thés n’a donc rien de sorcier et comme dans bien des domaines, c’est le premier pas le plus difficile. C’est braver l’interdit et sentir se poser sur son épaule le jugement des maisons de thés qui ont fait les assemblages que l’on a en réserve. Mais c’est surtout un très bon moyen d’éviter qu’un thé ne finisse en poussière au fond d’un placard parce que, rien à faire, seul il n’est pas éclatant. N’hésitez donc pas à improviser à l’échelle « boule à thé » avant de préparer 50 à 100g de mélange si le résultat vous plaît. Et faites-vous confiance. Certes les maisons de thé ont une expertise mais elles ne sauront jamais mieux que vous-même ce qu’il vous plaît de boire.

 

 

Une réflexion au sujet de « Mélanger ses thés »

  1. je m’amuse à faire des mélanges – en suivant globalement la même démarche, sans doute de peur d’avoir à me retrouver à boire une mixture improbable [c’est un goût à se transformer en petit poisson poursuivi par un brochet] – quand il me reste trop peu de quantité pour faire une infusion théière de thé en vrac. Toutefois, comme je pratique le zhong pour les thés de meilleure qualité, cela nécessite moins de quantité (3 à 5gr), il ne m’est jamais arrivé de mélanger (même pas d’y songer en fait, sans doute parce que la personnalité de chaque thé m’apparaît ici comme l’élément primordial) des Oolongs ou des thés verts japonais ou chinois un peu « fragiles » par exemple.

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